Avant React, je codais en bloc. Un fichier immense. Tout mélangé. Le header, le footer, la logique, le style. Un plat de spaghetti numérique. Puis on m'a dit : "Pense en composants." Et j'ai compris que c'était pas juste une méthode de code. C'était une manière de vivre.

Le chaos d'avant

Je me souviens de mes premiers projets. Des fichiers HTML de 500 lignes. Du JavaScript qui partait dans tous les sens. Je ne savais plus où était quoi. Je cherchais une fonction pendant vingt minutes. Je modifiais un truc, et autre chose cassait à l'autre bout. C'était épuisant. Comme ma tête, parfois.

Trop de pensées en même temps. Trop de choses à gérer. Tout emmêlé, sans savoir par où commencer.

Un composant = une responsabilité

React m'a appris un principe simple : chaque composant fait une seule chose. Et il la fait bien. Le Header s'occupe du header. Le Button s'occupe d'être un bouton. La Card affiche une carte. Point.

« Personne ne demande au bouton de gérer la navigation. Personne ne demande au header de faire le café. »

Chacun son rôle. Chacun sa place. Et quand tout le monde fait son travail, l'ensemble fonctionne.

Découper pour ne pas suffoquer

Au début, je trouvais ça excessif. Créer un fichier juste pour un bouton ? Sérieusement ? Puis j'ai compris. Découper, ce n'est pas compliquer. C'est simplifier. Quand quelque chose ne marche pas, je sais exactement où chercher. Quand je veux modifier un élément, je ne risque pas de casser le reste. Chaque morceau est autonome. Gérable. Respirable.

C'est comme ranger sa chambre par petits tas au lieu de tout fourrer dans un placard. Oui, ça prend plus de temps au début. Mais après, tu retrouves tout.

Les props : communiquer sans envahir

En React, les composants se parlent avec des props. Des petits messages qu'on passe de parent à enfant. "Tiens, voici le titre." "Tiens, voici la couleur." "Tiens, voici ce qu'il faut faire quand on clique." Chacun reçoit ce dont il a besoin. Rien de plus. Pas d'intrusion. Pas de contrôle excessif.

J'aimerais que les relations humaines fonctionnent comme ça. Donner ce qui est nécessaire. Faire confiance pour le reste.

Le state : accepter que ça change

Et puis il y a le state. L'état. Ce qui bouge. Ce qui évolue. Un composant peut avoir un état interne. Une case cochée ou pas. Un menu ouvert ou fermé. Une donnée qui se met à jour. Le state m'a appris que le changement n'est pas un bug. C'est une fonctionnalité. Les choses bougent. Les états évoluent. Et le code doit s'adapter. Comme nous.

« Ce qui est vrai maintenant ne le sera peut-être plus dans cinq minutes. Et c'est ok. »

Réutiliser sans se répéter

Le plus beau avec les composants : tu les crées une fois, tu les utilises partout. Un bouton bien fait, tu le poses sur dix pages différentes. Une carte bien pensée, tu l'affiches cent fois sans réécrire une ligne. C'est efficace. Mais c'est aussi rassurant. Savoir que certaines choses sont solides. Qu'elles tiennent. Qu'on peut s'appuyer dessus.

Ce que React m'a vraiment appris

React, c'est pas juste une librairie JavaScript. C'est une discipline. Celle qui dit : découpe ce qui te submerge. Isole les problèmes. Traite-les un par un. Celle qui dit : fais confiance aux petites briques. Ensemble, elles construisent des cathédrales.

Quand ma tête déborde, quand tout semble trop gros, trop lourd, trop emmêlé, je pense en composants. Qu'est-ce que je peux isoler ? Qu'est-ce que je peux traiter maintenant, juste maintenant ? React m'a appris à respirer dans le chaos.

Et c'est peut-être ça, finalement, coder. Transformer le bordel en quelque chose qui tient debout.

« Un composant à la fois. Une journée à la fois. Une respiration à la fois. »

Et toi, comment tu gères quand tout déborde ?

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