Pendant longtemps, j'ai eu peur de me tromper. Peur de casser quelque chose. Peur de faire un pas de travers et de ne plus pouvoir revenir. Puis j'ai appris Git. Et Git m'a dit : "Tu peux revenir en arrière. Toujours."

Le premier commit

Mon premier commit, c'était un désastre. J'avais écrit "modif" comme message. Je ne savais pas ce que je faisais. Je cliquais sur des boutons dans VS Code en espérant que ça marche. Mais ce jour-là, quelque chose s'est passé. J'ai compris que mon code avait une mémoire. Que chaque version était sauvegardée quelque part. Que je pouvais avancer sans avoir peur de tout perdre.

C'est bête, mais ça m'a libérée.

Commit : nommer ce qu'on a fait

Un commit, c'est un point de sauvegarde. Mais c'est aussi un acte de clarté. Tu dois mettre des mots sur ce que tu viens de faire. "Ajout du header", "Correction du bug sur le formulaire", "Refacto du composant Card". Au début, je détestais ça. Je voulais juste coder, pas m'arrêter pour décrire.

« Puis j'ai compris : nommer, c'est comprendre. Si je ne sais pas expliquer ce que j'ai fait, c'est que je ne sais pas vraiment ce que j'ai fait. »

Maintenant, j'aime ce moment. C'est une micro-pause. Un "ok, voilà où j'en suis". Une respiration dans le chaos.

Push : envoyer dans le monde

Le push, c'est le moment où ton code quitte ton ordi. Il part sur un serveur. Il devient visible. Réel. Les premières fois, j'avais les mains moites. Et si j'avais fait une erreur ? Et si tout cassait ? Et si on voyait que mon code était nul ? J'ai appris à appuyer quand même. À accepter que ce que j'envoie n'est pas parfait. Que ça ne le sera jamais.

Pousser du code, c'est accepter d'être vue. Avec ses imperfections. Ses hésitations. Ses "je sais pas si c'est la bonne manière mais j'ai essayé".

Pull request : demander un regard

La pull request, c'est le moment où tu dis : "Voilà ce que j'ai fait. Est-ce que c'est bien ?" C'est terrifiant. Et nécessaire. Parce qu'on ne grandit pas seule. On grandit avec des retours. Des corrections. Des "ah tiens, t'as pensé à ça ?". Des "c'est bien, mais on pourrait faire autrement". J'ai appris à ne plus prendre les reviews comme des attaques. Juste comme des conversations.

Revert : le droit de revenir

Et puis il y a cette commande magique. Celle qui dit : "J'ai merdé. Je reviens en arrière." Git revert. Git reset. Git checkout. Des mots qui sonnent comme des formules de secours. Dans la vraie vie, on n'a pas ça. On ne peut pas annuler une parole. On ne peut pas revenir trois jours en arrière pour changer une décision. On avance, et on assume.

« Mais dans le code, on peut. Et cette permission de se tromper, elle change tout. »

Elle enlève la paralysie. Elle dit : "Essaie. Si ça casse, on répare." Elle m'a appris à oser.

Les branches : explorer sans risque

Un jour, on m'a expliqué les branches. Tu peux créer un univers parallèle. Tester une idée. La pousser aussi loin que tu veux. Et si ça ne marche pas, tu supprimes la branche. La version principale reste intacte. C'est comme avoir le droit de rêver sans conséquence. De dire "et si ?" sans engagement.

J'aimerais que la vie fonctionne comme ça. Pouvoir tester un choix. Voir où ça mène. Et revenir si c'était pas le bon chemin.

Mais peut-être que c'est justement pour ça que le code me fait du bien. Il m'offre ce que la vie ne peut pas.

Ce que Git m'a vraiment appris

Git, ce n'est pas qu'un outil de versioning. C'est une philosophie. Celle qui dit : tu as le droit de te tromper. Tu as le droit de revenir. Tu as le droit d'essayer des trucs bizarres dans ton coin avant de les montrer au monde. Tu as le droit de ne pas être parfaite du premier coup.

Dans un monde qui demande d'être sûre, efficace, rapide, Git m'a donné la permission d'être en construction. Et ça, c'est peut-être le plus beau cadeau qu'un outil technique m'ait fait.
« Commit, push, regret, revert. Recommencer. Toujours pouvoir recommencer. »

Et toi, c'est quoi ton rapport à l'erreur ?

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