On va me dire que c'est exagéré. Que pleurer pour quelqu'un qu'on n'a jamais rencontré, c'est bizarre. Que ce sont "juste des acteurs". Que la vraie vie, c'est pas ça. Peut-être. Mais moi, quand Matthew Perry est mort, j'ai pleuré. Quand Luke Perry est parti, j'ai pleuré. Et quand Catherine O'Hara nous a quittés le 30 janvier 2026, j'ai pleuré encore.

Et je refuse de m'en excuser.

Matthew Perry, le rire qui cachait tout

28 octobre 2023. Matthew Perry est retrouvé mort à son domicile. Il avait 54 ans. Je l'ai appris un dimanche. J'ai lu la notification sur mon téléphone, et quelque chose s'est serré. Pas comme quand on perd un proche. Pas exactement. Mais pas loin. Parce que Chandler Bing, c'était mon personnage. Celui qui faisait rire pour ne pas s'effondrer. Celui qui doutait tout le temps. Celui qui se sentait "pas assez" mais qui continuait quand même.

« Je m'y reconnaissais. Dans ses blagues de protection. Dans son besoin de plaire. Dans sa manière de cacher la douleur derrière l'humour. »

Et quand on a appris ce que Matthew Perry traversait dans la vraie vie, les addictions, la souffrance, les combats silencieux, tout a pris un autre sens. Chandler ne jouait pas la comédie. Matthew non plus, peut-être. Il faisait rire le monde entier, et le monde entier ne savait pas qu'il avait mal.

Sa mort m'a appris quelque chose de douloureux : on peut accompagner quelqu'un pendant des années à travers un écran, et ne rien pouvoir faire quand il souffre pour de vrai. Mais on peut se souvenir. On peut dire : tu as compté. Tu comptes encore.

Luke Perry, l'éternité californienne

4 mars 2019. Luke Perry meurt des suites d'un AVC massif. Il avait 52 ans. Luke Perry, c'était Dylan McKay. Le beau gosse torturé de Beverly Hills. Celui qui arrivait au lycée avec sa Porsche et son regard de mec qui a déjà trop vécu. Je regardais Beverly Hills chaque été. C'était mon rituel californien. Et Dylan, c'était celui qui faisait battre les cœurs sans jamais le demander.

Sa mort a été brutale. Inattendue. Il tournait Riverdale. Il avait 52 ans, c'est rien, 52 ans. Et d'un coup, une partie de l'été s'est éteinte.

« Ce qui m'a touchée, c'est la discrétion de l'homme. Luke Perry n'avait jamais renié Dylan McKay. Il ne jouait pas au mec trop bien pour son passé. Il portait ce rôle avec gratitude, pas avec dédain. »

Il était resté simple. Et c'est peut-être pour ça que sa disparition a fait aussi mal.

Catherine O'Hara, la mère qui court toujours

30 janvier 2026. Catherine O'Hara nous quitte à 71 ans. Embolie pulmonaire. Pour beaucoup, elle est Moira Rose dans Schitt's Creek. Pour d'autres, elle est Beetlejuice. Pour moi, elle est Kate McCallister. La mère de Kevin. Cette femme qui réalise dans l'avion que son fils est seul à la maison. Cette panique dans ses yeux. Cette course à travers le monde pour rentrer.

On ne parle pas assez de Kate McCallister. On retient les pièges de Kevin, les gamelles des bandits, le "Joyeux Hanouka, Marvin !". Mais le cœur du film, c'est cette mère qui traverse tout pour retrouver son enfant. Et c'est Catherine O'Hara qui lui donnait ce cœur.

Sa disparition est arrivée 9 ans après celle de John Heard, qui jouait Peter McCallister, mort en 2017. Kevin est orphelin, maintenant. Je sais que c'est fictif. Je sais que Kevin n'existe pas. Mais quelque chose dans cette idée me serre le cœur quand même.

Pourquoi on pleure

On pleure parce que ces gens étaient là. Dans notre salon, dans notre chambre, dans nos écouteurs. On ne les connaissait pas, mais ils nous connaissaient sans le savoir. Ils disaient les choses qu'on ressentait. Ils portaient nos doutes, nos rires, nos silences. On pleure parce qu'une partie de nous-même disparaît avec eux. La partie qui regardait Friends à 14 ans. La partie qui rêvait de la Californie. La partie qui riait devant Home Alone chaque Noël.

« Ce n'est pas "juste" un acteur. C'est un morceau de notre histoire. Un morceau qu'on ne peut plus revoir de la même façon. »

Aujourd'hui, le 10 février 2026, je pense à eux. Matthew, Luke, Catherine. Et je sais que demain, je penserai encore à eux. Pas parce que je suis triste. Mais parce qu'ils font partie de moi. Et ça, personne ne peut me le retirer.

À Matthew Perry (1969-2023). Celui qui faisait rire pour ne pas pleurer. À Luke Perry (1966-2019). Dylan McKay, pour toujours. À Catherine O'Hara (1954-2026). Celle qui courait pour rentrer à la maison. Vous nous manquez. Vraiment.
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